L’héritage d’Albert Jacquard

Décidément, le 11 septembre nous apporte régulièrement de mauvaises nouvelles. En 73, c’était le coup d’État au Chili, en 2001 l’attentât contre les tours jumelles de Manhattan. 2013 voit disparaître Albert Jacquard. Je l’avais rencontré en 1995, au 7 rue du Dragon à Paris, immeuble vacant occupé par des sans-logis et l’association Droits au logement. C’était à l’occasion du lancement des premiers livres édités par Droits devant éditions. Parole, qui faisait alors quelques premiers pas, était dans le collectif de 11 petits éditeurs qui avaient permis la publication des ouvrages en avançant le prix de la fabrication.

Pour Albert Jacquard, la conscience d’être, celle qui donne la capacité de dire « je », ne peut venir que des autres. Pour lui, c’est la fonction première de la collectivité humaine de s’adresser à chacun de ses membres pour faire émerger une personne. Elle le fait par la communication, l’échange, l’éducation. La ligne éditoriale des éditions Parole n’est rien d’autre que cela : porter l’échange, le partage des idées, des connaissances, des points de vue, des vécus et de tout ce qui peut permettre à chacun de nourrir son questionnement afin d’avoir une meilleure lucidité sur l’univers qui l’entoure. Ce regard d’Albert Jacquard — je m’en rends compte aujourd’hui – nous en avons hérité inconsciemment. Nous essaierons d’en faire bon usage.

Jean Darot

Albert_Jacquard_May_2009

Vous aimez, partagez !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *