Cette table sentait le petit déjeuner du dimanche matin…

Cette table sentait le petit déjeuner du dimanche matin… mais c’était un samedi. Le lendemain d’une soirée douce où, emportées par la rondeur d’un vin jeune, deux femmes avaient parlé du monde. De leur monde. De proches racines, elles avaient en commun des souvenirs de goûts, de mets, d’odeurs qui leur dessinaient un même paysage. Celle de passage, déjà envolée, laissait, comme à chaque fois, plus qu’un parfum, un sillage de mots, une pile de mots… et une demande : “Serais-tu prête à écrire une chronique, de petits textes qui viendraient ponctuer le site de notre maison d’édition ?” Évidemment que j’étais prête, j’en avais rédigé des textes, des impressions, des coups de cœur, ou de gueule, que j’égrenais comme de petits cailloux sur les chemins des réseaux sociaux. Mais, il suffisait qu’on me le demande pour que plus rien ne vienne… l’angoisse de l’écran blanc… C’est en regardant la table du petit déjeuner, avec ses deux tasses, les miettes du Stollen, la cagette pleine de petites courges séchées qu’elle avait apportée la veille comme une offrande, la liste de courses en attente d’une virée au marché et la pyramide de livres, que m’apparut l’évidence : j’avais besoin qu’une image accroche ma rétine pour donner source à mes mots. L’image était la clé, elle ouvrait la porte. L’alliance improbable des livres posés devant moi : un recueil de recettes du Comté de Nice, un parcours de vie, et J’ai dû vous croiser dans Paris, les deux derniers issus des éditions Parole, serait le fil conducteur de ces petits textes à venir, rédigés sur un coin de table de cuisine, seule pièce chauffée l’hiver, et dans le parfum flottant d’un plat qui mijote, je cuisinerai quelques phrases à mettre ensemble. Je m’en vais goûter le livre de Fanny Saintenoy et je reviens vers vous…

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