Cabanes

Il faudra attendre encore un peu avant de se poser, seul au milieu des autres, sur un banc, dans un square, à une terrasse de café en ville, couché dans l’herbe d’un jardin public ou à plat ventre sur le sable chaud d’une plage, le menton dans les mains. Il faudra attendre encore un peu pour retrouver nos lieux préférés de lecture. Et si nous les ré-inventions ?!

Le matin, à l’heure du premier café, je cale mon dos dans le plus confortable de mes fauteuils en rotin, j’entrouvre la fenêtre de la cuisine et j’entends le cri strident des gabians et de la liberté. J’attrape le livre du matin.

Je me suis fabriquée, avec des morceaux de n’importe quoi traînant dans la maison, un petit bar de balcon, une terrasse domestique, j’y trinque à midi avec mon voisin d’en face (c’est un chat qui, à cette heure, s’allonge sur la rambarde)… et j’attrape le livre de la mi-temps.

Depuis quelques jours, je m’allonge sur un tapis du salon, dans l’axe du soleil de l’après-midi qui inonde la pièce, je me tartine de crème solaire (pour faire comme si) et j’attrape le livre de l’après-midi.

Après une longue journée, quand la lumière commence à s’étirer derrière la colline, que les petites lucarnes des fenêtres s’allument, je glisse un air de Duke Ellington, me verse un verre de gin, ambiance piano-bar… J’attrape le livre du soir.                               

La nuit venue, je rêve… De la mer, de l’ombre des grands saules, du parfum des fleurs, de passants qui passent, de cris d’enfants qui jouent, de palabres, d’éclats de rire, de chants. Je rêve de la vie qui bat ailleurs que dans les rues, mais qui bat, partout, ailleurs, avec celle qui bat dans les pages de mes livres et mes cabanes de lecture.

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