Un mois entier sans ouvrir un livre…

Un mois entier sans ouvrir un livre… et lentement sortir de cette longue hibernation littéraire.

Alors que beaucoup s’affairaient aux frénétiques achats de Noël, je rangeais mes livres dans des cartons et démontais ma bibliothèque. En les déposant un à un, c’est des années de vie que je faisais défiler, chacun évoquant un lieu, un moment, une connaissance, un état, un sentiment éprouvé. Nos bibliothèques nous révèlent, elles sont nos écorchés, nos résumés.

À chaque déménagement, les années apportent leur lot de poids supplémentaires à cette anatomie d’encre et de papier. Pour la première fois, j’avais réussi à développer l’ensemble de mes livres dans le vaste salon d’une maison aimée, mon corps s’était enfin déplié.

La vie fait qu’un énième déménagement m’amène à diminuer l’espace que je leur avais donné et j’ai dû faire des choix… Lesquels prendre, lesquels laisser au fond du carton, privés de lumière ?

Ce qui s’annonçait comme un déchirement, fut un exercice d’ascèse, retrouver l’essentiel, s’alléger, ne garder, pas forcément le meilleur, mais le plus élémentaire. J’en sors avec une force nouvelle, en sachant qu’au prochain déménagement, ce ne sont pas forcément les mêmes ouvrages qui seront à la lumière, ceux des cartons pourraient fort bien ressortir… il en va ainsi de nous et de nos multiples facettes.

En attendant, un petit livre est resté dans ma poche, La chèvre de Monsieur Crétin ayant catégoriquement refusé d’intégrer un carton… Je vous en parle dans la prochaine chronique !

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